Éliane Cascio

Écrivain public

Diplôme de la Sorbonne Nouvelle

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Extrait de biographie n° 1

Exemple de biographie : extrait n°1

L’Annonce

C’était décidé. À l’issue du repas d’anniversaire organisé par ma mère où devaient être présents Simon, mon fiancé, et sa sœur Juliette – jeune veuve de guerre au regard vide et comme traquée par ses trois enfants qui empoignaient le bas de sa robe dès qu’elle se levait –, j’annoncerais mon départ pour l’Indochine. Le festin serait un ordinaire à peine amélioré, car les vivres étaient encore rationnés. Mais, en ce deuxième été libéré – le premier pour beaucoup qui n’étaient pas tous rentrés à l’été 45 –, tout était prétexte à se réunir en famille. Le jour J arriva vite. On mettait les petits plats dans les grands, tandis que, déroulant dans ma tête le fil des événements qui m’avaient amené là, j’étais à mille lieues de la préparation de ces maigres agapes.
Tout avait commencé par cette annonce parue dans le quotidien régional Le Havre-Éclair :

« Jeune femme, jeune fille qui souhaitez voyager, engagez-vous dans l’armée ! »

D’un coup, tout prenait sens. Toutes ces années passées à collecter articles de presse, photos et cartes géographiques, toutes ces fébriles recherches annotées méticuleusement sur ce que j’appelais alors mon Cahier de guerre, trouvaient enfin une raison d’être. De ma décision – immédiate – avaient résulté de secrets préparatifs assortis de mille précautions prudentes, car personne ne comprendrait. Et certainement pas Simon. En ce dimanche 11 août 1946, tortillant de ses doigts potelés la moustache effilée qui semblait découper en deux parties inégales son visage mafflu, et comme ficelé dans un veston beige étriqué, il m’observait tel un matou à l’affût, flairant l’entourloupe. Seul mon père peut-être comprendrait, lui qui, dès mes premiers pas, m’avait encouragé à aller de l’avant « Anne – me répétait-il à l’envi le regard brillant, n’utilisant comme à son habitude que mon premier prénom –, l’avenir appartient aux audacieuses ! »
Pour l’heure, matois, il me contemplait dans une attente bienveillante. Et, de fait, sans le soutien de ce regard confiant, aurais-je réussi à annoncer d’une traite sans trembler :

« Je pars pour Saïgon dans trois semaines, dimanche 1er septembre ! »

Le persiflage amer de Simon fut le premier à briser le silence « Toi dans l’armée ! C’est la meilleure de l’année ! » Puis ce fut au bavardage de ma mère – qui, comme à son habitude, ne m’appelait jamais que par mon second prénom – de s’interrompre net.
Déposant la cafetière brûlante qu’elle tenait encore quelques imperceptibles secondes auparavant, elle s’était tournée vers le sourire en coin de mon père et avait eu ce regard désolé « Oh, Marie ! » avant de se rasseoir toute pantoise. Ma pauvre mère. Jamais son unique fille – trente ans depuis six jours et Catherinette pour la sixième fois bientôt – ne convolerait en juste noce.
Je crois bien que c’était là, ce qui la chagrinait le plus.
[…]

L’Abécédaire pêle-mêle

G comme

« GANACHE était le sobriquet que je donnais en secret à mon amoureux du moment. Ce Simon qui s’imaginait toujours en savoir plus que moi parce qu’il avait obtenu la meilleure classe de l’établissement catholique où nous travaillions tous les deux depuis trois ans. Un jour, je partirais loin de lui, cela ne faisait pas l’ombre d’un doute tant je le trouvais suffisant. Ganache, cela lui allait très bien, même si je devais reconnaître que je n’étais pas tout à fait honnête quand, le soir venu, je me faufilais dans sa chambre pour en repartir au milieu de la nuit. J’étais alors plus prédisposée à lui trouver des qualités, même si cela ne durait pas. Ganache s’imaginait toujours qu’à l’instant où il se déclarerait je convolerais avec lui sans atermoiement ; c’était bien mal me connaître, car ce n’était pas du tout ce que j’attendais de la vie. »

D comme

« DÉMARCHES administratives terminées, il ne me restait plus qu’à en faire l’annonce aujourd’hui à ma famille. Le plus dur était fait cependant. La toute première démarche avait consisté à prendre ma plus belle plume sans trembler pour répondre à l’annonce et réussir à dire mon désir et mon engouement authentique à m’engager dans l’armée. En tant que femme, j’avais dû ensuite mettre un point d’honneur à réussir coûte que coûte les tests d’aptitude intellectuelle, puis révéler les connaissances accumulées et consignées patiemment dans mon Cahier de guerre et, pour finir, venir à bout des longues épreuves physiques. Cela n’avait pas été facile, mais j’avais réussi sans que personne ne se doute de mes préparatifs secrets, pas même lorsque j’étais partie dans l’Aisne à Margival pour le stage final de trois jours. Père, peut-être, en fin stratège, subodorait-il ce que je tramais pour le repas d’anniversaire que maman organisait depuis plusieurs jours. Mais il ne me trahirait pas et me laisserait agir à ma guise comme il l’avait toujours fait. Je constatais alors, avec grand étonnement, que c’était finalement cette dernière démarche qui me coûtait le plus. »

C comme

« CAHIER de guerre enfoui dans mon paquetage, je me sentis enfin prête. L’aventure commençait maintenant, et je ressentais une formidable envie de rire. Simon était venu prendre le thé à l’invitation de maman et j’étais à peine contrariée à l’idée qu’elle s’imagine qu’il arriverait à me faire flancher au dernier moment. À me faire renoncer à mon périlleux et magnifique projet. Celui de ma vie. Il n’en serait rien. Tout compte fait, je lui rirais au nez s’il faisait simplement mine de me sermonner ou de me décourager. Je n’avais jamais été une enfant docile, ce n’était pas pour me laisser désarçonner, adulte, par le premier amant venu. Maman était catastrophée de constater, une fois de plus, ce comportement contre lequel elle avait lutté pied à pied durant toute mon éducation. Mais jamais elle n’avait certainement pensé en arriver là un jour : "qu’ai-je donc fait au Bon Dieu pour avoir une fille aussi indépendante ?" l’entendais-je penser ! »

A comme

« ABANDONNÉE. C’est ainsi que je me sentais. À y repenser, c’était d’ailleurs la seconde fois que j’avais cette impression si vivace. La première fois était le jour où on m’avait annoncé la mort de l’homme que j’avais étreint d’une fougue impensable. La seconde, ce matin même, lorsque mon enfant avait vu le jour. Enceinte, je me souvenais avoir fait fi des difficultés inhérentes, car une force invincible m’habitait. Et un fantasmatique désir de garder l’enfant à jamais caché au creux de mon ventre trop mince m’avait parfois submergée. Insondable et abyssal désir. Aujourd’hui, je me retrouvais derechef abandonnée, quittée, désertée. Les mots n’étaient pas trop forts pour évoquer la sensation que j’éprouvais tandis que je regardais cette belle enfant dormant paisiblement d’un sommeil sans rêves. Curieusement, c’est lorsque je pris la décision irrévocable de confier l’éducation de ma petite Sophie Anh à mes parents que je me sentis libre, libérée. Panser une plaie à la fois. Laisser le temps au temps pour en finir avec ce double deuil, se reconstruire. Et voir venir. »

I comme

« INSTITUTRICE comme ma grand-mère avant moi dans sa jeunesse, c’est donc ce qui s’était décidé en coulisse pour la douce Sophie Anh qui ferait ainsi honneur à la tradition familiale. Ses grands-parents avaient eu à cœur de la préparer au métier dès son plus jeune âge. Et c’est tout naturellement que ses jeux d’enfant l’orientaient invariablement vers des mises en scène qui la voyaient se déguiser en maîtresse intraitable matant plus d’une fois la rébellion d’une armée de poupées qui la regardait avec défiance. ‘Qui est la maîtresse, ici ?’ disait-elle les poings sur les hanches en surveillant particulièrement du coin de l’œil celle en porcelaine – la plus belle, mais aussi la plus inquiétante avec son visage finement peint. Récemment arrivée de Paris, celle-ci semblait sans cesse la narguer de ses yeux bleus arrogants. Jusqu’au jour où : "Oh, regarde mémé, le bas de son jupon bleu s’est accroché au clou dont tu me dis toujours de me méfier et, en tirant pour la libérer, elle a dévalé une à une toutes les marches de l’escalier. C’est pas bien malin, regarde, son joli visage est tout cassé maintenant. Elle a moins fière allure. Quel dommage !" ajouta-t-elle encore avec un charmant sourire. »

V comme

« VERSO de la dernière des sept cartes annotée, il ne me restait plus qu’à la classer avec les autres dans ma boîte spéciale. Sept cartes postales sur les vingt-trois terres étrangères visitées étaient ainsi conservées, telles les sept cartes du jeu des Sept Familles qui avait rythmé les dimanches soir de mon enfance. À l’aune des années 2000 – le XXIe siècle se profilant à l’horizon –, je me dis qu’il était grand temps, à 84 ans passés, de cesser de parcourir le monde comme je l’avais fait durant toutes ces années. Quand l’heure sera venue de m’enfermer dans une maison de retraite, je jouerai seule et avec délectation à les sortir une à une pour tenter de deviner l’inscription apposée de ma petite écriture fine et précise sur le dos de chacune. Envers du décor, la plupart de ces cartes postales reflétaient peu de choses des pays que j’avais visités, mais plutôt des souvenirs de mes années militaires que chacune de ces images avait convoqués. » […]

Écriture privée : le foyer
◗ Famille, consommation, banque, logement ;
◗ Travail, chômage, retraite…

Écrivain public : les administrations
◗ Impôts, amendes, formulaires ;
◗ Sécurité sociale, prestations CAF ;
◗ Inscription et déclarations sur portail des administrations ;
◗ Création de compte et d’espace personnel en ligne…

Conseil en écriture : l’accès au droit
◗ Droit des étrangers, droit du travail ;
◗ Documents d’État civil ;
◗ Aide juridictionnelle, surendettement ;
◗ Contentieux, litiges…

Écrivain public : la correspondance
◗ Lettres à des proches ;
◗ Discours de mariage, discours de pot de départ ;
◗ Cartes de vœux…

Informatique de 1er niveau
◗ Aide à l’utilisation de fichiers texte, tableau, photo ;
◗ Gestion de compte et d’adresse e-mail ;
◗ Internet : recherche et classement d’information…

Atelier d’écriture en groupe
◗ Écrire ensemble pour se faire plaisir, écouter sa propre voix et celles des autres.
◗ Écrire sans enjeu final ni obligation, sans souci de l’orthographe, loin, très loin, des exercices scolaires.
◗ Écrire en groupe avec des consignes simples et ludiques, comme les règles d’un jeu chaque fois différent.

Atelier d’écriture senior
◗ Écrire pour ouvrir son imaginaire et retrouver des souvenirs enfouis.
◗ Commencer par des jeux « brise-glaces » pour jouer avec les mots, partager les rires et se découvrir soi, l’autre.

Récit de vie
◗ Partagez le récit de vos années études ou de vos expériences professionnelles.
◗ Relatez les anecdotes de vos souvenirs de jeunesse ou de voyages.

Biographie
◗ Transmettez votre héritage culturel à votre famille et à vos proches.
◗ Exprimez les moments difficiles que vous avez affrontés et retrouvez l’être aimé disparu au travers des mots.

Livre familial
◗ Racontez votre histoire ou les histoires de votre famille.
◗ Dévoilez vos plus belles rencontres et amitiés, d’un jour ou de toute une vie.
◗ Communiquez l’émotion de l’arrivée de vos enfants.

Réécriture : Garder intacts vos propos
◗ Le plus important est de garder intacts vos propos et vos idées ;
◗ Avec juste ce qu’il faut de remaniement lexical et syntaxique j’apporte à vos textes professionnels clarté, concision et éloquence.

Correction : Traquer les fautes
◗ Je passe vos textes à la loupe afin de débusquer et corriger les fautes de grammaire, d’orthographe ou de typographie ;
◗ Ainsi, grâce à des écrits de qualité, vous augmentez la lisibilité de votre message.

Mise en pages : Les règles de l’art
◗ Je standardise votre document avec une mise en forme soigneuse de votre texte sur Adobe InDesign® ;
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Durée de traitement : La rapidité du courriel
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